Comment improviser à la guitare [12 trucs à savoir]

Comment improviser à la guitare ?improviser guitare

Je reçois régulièrement cette question à propos de l’improvisation à la guitare qui est souvent vue comme quelque chose d’extrêmement complexe lorsqu’on débute dans ce domaine.

Pourtant c’est possible d’apprendre à improviser et c’est loin d’être insurmontable.

Je dirais même que c’est la meilleure chose que vous puissiez faire sur votre instrument car c’est une sensation de grande liberté que de pouvoir créer des mélodies et des phrases spontanément pour s’exprimer.

Il s’agit d’une sensation que vous ne pouvez pas trouver ailleurs.

Seule l’improvisation vous procurera un tel sentiment de liberté.

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Il s'agit là d'un incontournable pour débuter dans les modes lorsqu'on ne sait pas par où commencer qui a déjà aidé de nombreux guitaristes.
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Il y a maintenant quelques années je ne savais pas improviser et je ne connaissais même pas ma gamme pentatonique.

Ce n’est qu’en écoutant un solo improvisé de Slash que j’eus le déclic de me dire : « Je veux savoir improviser ! »

Et j’ai donc tenter d’improviser sur des playback en ne connaissant rien à mes gammes.

Je faisais des tests, si ça sonnait je validais et  si ça ne sonnait pas j’excluais.

Ensuite je me rendais compte que certaines choses que mon oreille considérait fausses s’avéraient en fait correctes ce qui me faisait sans cesse me remettre en question.

Mais pourtant je ne savais toujours pas vraiment ce que je faisais.

C’était en fait un bon travail d’oreille car je n’avais pas mes fiches de gamme très visuelles (sachant que l’aspect visuel de l’instrument s’avère aussi très utile pour l’assimilation de nouvelles notions).

Donc j’essayais, j’essayais, encore et encore et ça sonnait vraiment comme de la m#&!e mais malgré tout je continuais en maintenant mon désir brûlant de pouvoir faire de la musique avec mon instrument.

Et en fait durant plusieurs années, cela a été ma méthode pour apprendre la guitare, jouer et rejouer sur des playback en testant les différents modes de la gamme majeure et en empruntant de temps à autres à la gamme mineure harmonique et mélodique.

L’ennui c’est que je ne me posais pas assez de questions et que je créais ainsi un déséquilibre dans ma pratique.

Mon prof me demandais de faire un SI et j’étais incapable de le sortir sur mon instrument.

Pourtant je pouvais écouter puis improviser mais je ne connaissais alors rien à la théorie ce qui me limitait pas mal dans mon cheminement.

En plus on a tendance à masquer et à ne pas regarder là où ça fait mal ce qui est une grossière erreur d’ego.

Car pour progresser efficacement à la guitare il faut toujours chercher et travailler les points sur lesquels on ne se sent pas à l’aise tout en faisant des choix judicieux (au niveau des techniques employées, des styles travaillés etc… De ce qu’on veut faire quoi).

Néanmoins comme tu peux le constater j’ai commencé à improviser… en improvisant sans me poser de questions. Et c’est aussi simple que ça.

Si tu veux commencer à improviser et bien … IMPROVISE.

Je ne vais quand même pas te laisser sur ce seul conseil et dans cet article je vais donc te donner les 10 points qui pour moi sont essentiels si tu veux commencer ou progresser en improvisation.

Certains de ces points vont peut-être te paraître simple.

En même temps j’ai remarqué que lorsqu’on s’intéresse à quelque chose de nouveau on aime rendre tout très complexe alors qu’on pourrait simplement commencer à aller droit à l’essentiel au lieu de nous éparpiller.

1 Pour improviser à la guitare : improvisez

Comment improviser à la guitare

Je tiens à me répéter ici car c’est vraiment ce qui fait toute la différence au départ.

Quelqu’un peut très bien apprendre plein de choses et de théorie sur l’improvisation sans savoir improviser alors qu’un autre peut ne rien savoir mais entendre et s’exprimer de manière cohérente.

Ce n’est pas le nombre d’informations assimilés qui est important mais la qualité d’assimilation de ces informations.

Est-ce que votre cerveau est un disque dur première génération ou un SSD ?

Est-il capable de rapidement reconnaître et s’adapter à une situation donnée ?

2 Commencez par faire sonner des idées simples

Lorsqu’on commence l’improvisation on va avoir tendance à tout de suite rechercher à réaliser des choses compliquées alors qu’on ne sait même pas encore bien faire des choses simples.

Et agir comme cela est très frustrant car en voulant brûler les étapes on bloque alors notre progression et on ne construit pas les bases et fondations de notre jeu nécessaires à son évolution.

Mon conseils ici est de commencer tes impros avec une simple mélodie confortable à jouer en guise d’intro et de point d’ancrage.

Une bonne mélodie résonne toujours à l’intérieur de l’auditeur et il n’a alors envie que d’une chose, c’est de l’entendre à nouveau ou d’en découvrir la suite.

Pourtant une bonne mélodie n’a pas nécessairement à être une prouesse technique.

3 Ne jouez pas avec les doigts mais avec les oreilles

La guitare est un instrument très visuel et des tas d’explications et de cours (dont les miens) exploitent cet aspect pour proposer des approches simples et facilement identifiables dans un premier temps.

L’aspect visuel est très utile pour assimiler rapidement une nouvelle notion ou encore cartographier le manche dans sa tête en nous imaginant et en nous entendant jouer de la guitare mentalement.

Néanmoins il ne s’agit que d’un des aspects d’une bonne assimilation et beaucoup font l’erreur de se focaliser uniquement sur ce point.

En fait lorsque vous apprenez quelque chose vous allez devoir vous concentrer sur quatre aspects :

  • L’aspect Visuel : A quoi ça ressemble sur l’instrument ?
  • L’aspect Tactile : Est ce que mes doigts ont appris cet élément et se placent rapidement dans la bonne configuration ? (Mémoire musculaire)
  • L’aspect Auditif : Suis-je capable de reconnaître cet élément d’oreille et de l’entendre à l’intérieur de moi-même sans avoir à le jouer ?
  • L’aspect Sensation/Emotion/Symbole : Qu’est ce que cet élément m’évoque ? Comment est ce que je me sens à l’écoute de cet élément ? Est-ce que cet élément me fait penser à un objet, à une situation, à une personne, à une couleur particulière ?

Si tous ces aspects sont précis et intégrés (et que vous pouvez faire de la musique avec l’élément assimilé), on peut dire que l’élément est intégré.

A savoir que plus le symbole est puissant et ancré en vous tel un mantra, plus vous allez reconnaître et interpréter les différents sons que vous entendrez.

4 Expérimentez sans cesse de nouvelles idées même si vous faites des tonnes d’erreurs

gamme guitare

Je me rappelle que lors de ma toute première semaine de snowboard que je prenais des risques et que je tombais tout le temps.

Ce qui fait qu’à la fin de la semaine je pouvais déjà affronter des pistes noires.

Néanmoins un gars de mon groupe ne prenait pas de risques et tombait moins souvent voir jamais.

Il prenait moins de vitesse, restait tendu et crispé sur ses jambes et on n’avait pas vraiment l’impression qu’il y prenait beaucoup de plaisir.

Et c’est exactement ce genre d’erreurs que vous pouvez commettre sur l’instrument.

L’erreur est justement de ne pas faire d’erreurs.

Rester dans votre zone de confort va grandement retarder votre progression.

Alors foncez, testez, expérimentez et si vous tombez, foncez à nouveau vers de nouvelles idées.

Ainsi vous pouvez dégager un chemin sûr et efficace pour atteindre vos objectifs musicaux.

5 Gardez à l’esprit qu’il y a toujours des hauts et des bas

Il s’agit là d’un phénomène contre lequel on ne peut pas faire grand chose si ce n’est de pratiquer autre chose (la meilleure solution que j’ai trouvé jusque là).

En fait à mesure que vous allez improviser vous prendrez bien sûr plus de plaisir à le faire.

Néanmoins vous allez toujours osciller entre deux états d’esprits opposés quant à votre jeu.

L’un sera positif et plein d’enthousiasme, vous allez apprécier ce que vous allez faire sur votre instrument et vibrer de plaisir.

L’autre sera pessimiste et non satisfait de votre jeu en vous martelant que ce que vous faites est nul tout en vous maintenant dans une incompréhension de la situation car vous repenserez alors au moment où vous preniez du plaisir à jouer et vous allez donc vous dire:

« Mais comment se fait-il que la guitare est devenue aussi pourrie du jour au lendemain ? Comment se fait-il qu’hier j’étais à fond dans mon truc et que maintenant ça ne ressemble plus à rien ? »

Vous venez de découvrir le cycle naturel de la pratique de la guitare et il faut s’y faire car cela ne changera jamais.

Le tout est de ne plus trop prêter attention à ces conflits intérieurs et de continuer sans se poser de question.

En général lorsque je suis programmé ainsi, je ne pratique pas d’improvisation et j’attends de me retrouver dans la bonne configuration interne, comme ça je ne me retrouve pas à me dévaloriser et à me morfondre sur mon jeu.

6 Faites un peu de théorie régulièrement

Durant très longtemps je travaillais à l’aveuglette en improvisant et en validant ou non si ce que je faisais était bon.

En soit cela fait progresser sans aucun doute et j’ai beaucoup appris et amélioré mon oreille ainsi.

Néanmoins le jour où j’ai réellement commencé à m’intéresser à la théorie, j’ai pu alors faire des liens dans ma tête entre toutes les choses que je connaissais et j’ai pu établir des bases bien plus solides pour assimiler plus efficacement de nouvelles notions.

En fait la théorie utilisée intelligemment permet de faciliter l’assimilation et la compréhension de notions.

Et je sais que lorsqu’on débute la théorie on a toujours plein d’idées reçues comme quoi : « La théorie tue la musique », « La théorie est trop dure et réservée aux génies. »

Mais c’est faux, il suffit simplement de savoir ce que l’on cherche et d’avancer progressivement dans cet aspect de la pratique.

7 Enregistrez-vousimprovisation guitare gamme pentatonique

Il s’agit là vraiment d’un exercice très important et je le répète souvent.

Lorsqu’on joue de la guitare et qu’on est dans notre monde on ne peut pas avoir un regard extérieur et objectif sur ce que l’on fait.

Et il s’agit là d’un problème car on ne peut donc pas effectuer les ajustement nécessaires pour corriger les imperfections ou les erreurs récurrentes de notre jeu qu’elles soient technique ou mélodiques.

En t’enregistrant tu peux repérer tout ça et aller droit au but pour corriger les points faibles de ton jeu.

C’est aussi un exercice qui t’enseigne l’humilité car il t’oblige à regarder ton jeu en face sans jugement.

Cet exercice t’apprendra aussi qu’il ne faut pas se complaire dans un bon enregistrement.

En fait il faut simplement s’écouter sans jugement et avoir le regard le plus objectif possible en traquant chaque bug de notre jeu.

C’est un excellent exercice à faire régulièrement.

En tout cas j’ai beaucoup progressé grâce à ça.

8 Improvisez avec et sans playback

Il peut être bon d’alterner entre ces deux types d’impro.

Certains musiciens vont plus être à l’aise sur un playback pour les guider, d’autres vont se sentir enfermés sur un playback.

Néanmoins ces deux approchent sont bonnes pour progresser en improvisation.

Un playback te donne une allure fidèle de ce que ton jeu pourrait donner en situation.

Une impro sans playback te laisse une liberté absolue mais cet exercice est d’après moi plus difficile car il nécessite de donner réellement vie à des idées sans aucun support.

Le playback offre cette sécurité de pouvoir se reposer facilement.

On peut y faire des plans et des enchainements qui ne sonneraient pas forcément sans playback.

Alors que lors d’une impro sans playback il faut que chaque note soit judicieusement choisie pour faire entendre une belle mélodie.

C’est pourquoi dans les deux cas je suggère de commencer par trouver une mélodie.

Il faut simplement commencer par une mélodie que l’on va répéter, faire varier puis broder et développer des idées autour de cette dernière.

En m’enregistrant et en me réécoutant je me rend toujours compte à quel point la mélodie est importante dans une impro.

9 Recherchez une ligne directrice à vos improvisations

Ce point rejoint le précédent.

Il s’agit là d’avoir un chemin clair et solide pour arriver à exprimer ce qu’il se passe en nous.

Ce chemin est d’après moi une belle mélodie autour de laquelle nous allons construire nos idées.

10 Construisez votre discours progressivement

Il s’agit là aussi d’un point essentiel et il est bon de construire son improvisation tel un feu d’artifice jusqu’au bouquet final.

Steve Vai réalise parfaitement cela dans Tender Surrender.

Après il ne s’agit évidemment pas de la seule manière de construire son discours mais le point à retenir ici est de toujours commencer par des idées simples pour ensuite les étoffer davantage.

11. Développez votre oreille

Vos oreilles sont de formidables outils que vous pouvez travailler.

Il semblerait que l’oreille absolue ne s’obtient pas, néanmoins l’oreille relative qui est la plus importante se développe et vous permet de reconnaître :

  • Les intervalles
  • Les accords
  • Les gammes
  • Les cadences
  • etc…

Ce qui est très intéressant avec le fait d’avoir une bonne oreille, c’est qu’on peut entendre ce que l’on veut jouer en nous et le reproduire facilement sur l’instrument du premier coup.

Car nos oreilles guideront alors nos doigts sur l’instrument.

Pour entrainer mon oreille relative j’utilise l’application perfect ear en ce moment mais il existe bien d’autres approches pour travailler cet aspect et il faut toujours y faire attention lorsqu’on pratique.

12. Improvisez avec d’autres musiciens

Si vous avez l’occasion d’improviser avec d’autres musiciens, lancez-vous directement, cela vous permettra d’améliorer votre communication instrumentale.

Ce qui est important avec une improvisation à plusieurs est d’écouter l’autre et de répondre en fonction de ce qu’il dit.

Certains ne s’écoutent pas et ne s’ouvrent pas.

Le jeu et l’impro de groupe permet de progresser sur ces aspects.

Si tu ne l'as pas déjà fait : réponds à ce mini quiz qui va te permettre de faire un point sur ton niveau et de prendre conscience de l'état d'esprit à adopter pour aller de l'avant dans ta pratique (durée estimée : 1 min).

A la prochaine.

Luc
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